Tomber la veste

J’ai longtemps gaspillé un temps précieux à contempler de long, en large et en travers des blogs de mode sponsorisés par des marques en tout genre. Après tout, ce vernis à ongles effet barbe à papa et cette poudre bronzante irisée effet bonne mine nous promettent monts et merveilles. J’ai convaincu les livreurs de « travailler plus pour gagner plus ». Non ! Ne fuyez pas ! Je ne me lance absolument pas dans une campagne présidentielle mielleuse. Il faut simplement se rendre à l’évidence : la robe patineuse à imprimé coquelicots et le jean délavé genoux déchirés n’avaient pas le même effet sur moi que sur les modèles auxquels je souhaitais ressembler à tout prix. Colis à renvoyer ! Quel dommage ! Jusqu’à la fin du mois les frais de livraison étaient gratuits à partir de 70 euros d’achat. Mais ce n’est que partie remise, pensais-je, j’en profiterai le mois prochain avec le code promotionnel #revenezachetezvousenavezpaseuassez.

Il est facile de porter un regard critique. Il est plus difficile de refuser ce qui nous révolte.

Lorsque j’ai écrit cet article, cela faisait quatre longs mois que je n’avais pas acheté de vêtements excepté une robe de gala et une paire de collant effilée le soir même. Les galas sont souvent très alcoolisés ! La tentation est omniprésente, je vous l’accorde. Entre les selfies des copines croulant sous les sacs en période de soldes, les publicités placardées aux quatre coins des ruelles et la boîte de réception croulante de courriels de promotion, il est difficile de résister. Sans parler de la session shopping lors des voyages, question de vie ou de mort, à laquelle je devais faire mes adieux. Lorsque l’été pointa le bout de son nez, j’ai rapidement rangé mes principes fraîchement établis au placard. Je dirai même que, j’ai rattrapé le temps perdu en dépensant sans compter à l’image d’une enfant pourrie gâtée. Je suis jeune, salariée et attirée par la fringue tendance. Je m’appelle Marion. Tous en chœur : « Bonjour Marion ! »

Chaque seconde treize paires de chaussures sont achetées par les français(e)s. TIC TAC TIC TAC ! Au fur et à mesure, vêtements et accessoires s’accumulent. Après avoir dégainé la carte bleue, nous ne trouvons toujours rien à mettre alors qu’une chemise, un pantalon et une paire de chaussure se sont introduits sans aucune infraction dans notre dressing. Nous nous lassons de chaque morceau de tissus qui le compose. Il nous faudrait plusieurs vies pour porter tous les vêtements que nous possédons. 

Revenons en arrière. Nous tombons nez à nez avec une veste. Waouh ! Nous en sommes persuadé(e)s elle a été créé pour nous. Il est trop tard. Notre fréquence cardiaque s’accélère, nous distinguons un mirage au fond du rayon « c’est nous rayonnant(e), à une soirée entre amis, portant cette veste », notre carte bleue a déjà pris place entre nos mains, un rictus se dessine sur notre visage, nous respirons un bon coup comme nous l’avons appris à notre dernier cours de sophrologie et nous nous dirigeons machinalement tout droit vers la file d’attente (la caisse étant la première chose que nous avons repérer en rentrant dans le magasin), sans passer par la case « essayage ». Haut les mains ! Reposez tout !

Pour celles et ceux qui veulent commencer tout doucement comme Bibie en 1985, prenons le temps d’acheter avant que votre compte bancaire passe au feu rouge et que nous ressentons, une fois de plus, cet éternel sentiment d’insatisfaction, la preuve inéluctable que nous sommes bel et bien des êtres humains :

penderie

Répétons-nous assez de fois pour en être convaincu(e) « je ne dois plus rentrer dans une galerie commerciale et je ne dois plus surfer sur les boutiques en ligne. »

Observons notre dressing et listons ce dont nous avons besoin.

Fixons nous un budget « fringues » mensuel et respectons le, plus que nous ne respectons une résolution du nouvel an évidemment.

Flambons dans les magasins seulement lorsque nous savons ce que nous cherchons.

Évitons les achats coup de cœur et les sites de ventes privées.

N’hésitons plus à refuser le célèbre sac plastique, sa durée de vie est de 20 minutes TIC TAC TIC TAC (bis).

Soyons fière de nous, de retour à la maison. Nous sommes sur la bonne voie…

Profitons-en pour faire un tas d’autre chose. C’est la rentrée mais l’été n’est pas fini, faites le stock de vitamines C pour l’hiver qui arrive à grand pas.

defi

Je me suis lancée le défi de me limiter à l’achat d’une fringue par mois à condition que celle-ci me soit d’une réelle utilité. De préférence unie de manière à pouvoir l’assembler avec tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi ; de bonne qualité pour la conserver durablement ; made in un pays où les salariés ne sont pas exploités.

A quoi serions-nous capable de renoncer?

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2 Comments

  • Julie
    17 février 2016 at 8:15   - Reply

    Je ne vois pas les choses comme un renoncement mais simplement une façon de s’alléger en prenant conscience que nous n’avons pas besoin de toutes ces choses matérielles. Réévaluer ses besoins fondamentaux ou l’art de cultiver la simplicité ! Très intéressant ton article en tout cas 😉

  • Ninou
    17 février 2016 at 4:06   - Reply

    Superbe article, pour un superbe blog. Je laisse rarement des commentaires, mais il faut bien encourager les personnes qui s’engagent en faveur d’une cause, qui plus est noble.

    Au plaisir de vous lire, et d’éveiller ma conscience verte !

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