Menteur comme un soutien-gorge

  • Le saviez-vous?

Plus d’un an après l’incendie d’une usine textile du Bangladesh causant la mort d’au moins 104 morts, la catastrophe de Dacca secoue à nouveau l’industrie de la mode. Le 24 avril 2013 l’immeuble bancal de neuf étages qui abritent les ateliers du Rana Plaza s’effondre et entraîne avec lui la vie de 1127 personnes. Si vous aimez les images chocs et morbides, comme le JT de 20h sans Claire Chazal, libre à vous de jeter un coup d’œil sur les moteurs de recherche. 2000 blessés sont déclarés dont certains resterons handicapés à vie. MangoPrimarkC&ABenettonCarrefourAuchanCamaïeu sont montrés du doigt. Du moins le temps que BFMTV et iTELE dénichent d’autres reportages bien plus croustillants comme la malheureuse semaine pluvieuse d’une famille en vacances à Palavas-Les-Flots. Difficile de positiver avec Carrefour & compagnie. Mais à ce jour, toutes les marques concernées sont signataires de l’Accord sur la sécurité des usines au Bangladesh dans le but de lutter contre la sous-traitance sauvage.

  • Deux ans après, qu'est ce qui a réellement changé?

Europe Ecologie Les Verts met juridiquement les multinationales face à leur responsabilité à l’égard de leurs filiales et sous-traitants. Une pétition circule pour offrir un peu de répit aux ouvrières du textile. Montrons que nous aimerions respecter la devise de la République de François le Français en faisant notre plus jolie signature.

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Francois_HOLLANDE_President_de_la_Republique_Rana_Plaza_1138_morts_le_cout_de_limpunite_des_multinationales/

Dix à douze heures de travail par joursept jours sur sept et 30 euros par mois alors que le salaire vital pour survivre au Bangladesh est estimé à 260 euros. Deuxième exportateur mondial de produits textiles, le Bangladesh propose l’une des mains d’œuvre les plus attractives du monde et une espérance de vie à couper le souffle. Bienvenue dans l’Eldorado des Groupes richissimes ! Mais une ouvrière du textile meurt tous les deux jours. Alors jusqu’à quand la main d’œuvre sera-t-elle disponible à travailler? 

  • "Enquête sur les dessous d'une multinationale qui nous vend la mondialisation heureuse."

J’ai commencé à m’interroger sur la fabrication de ce que les naturistes n’hésitent pas à délaisser lorsque je suis tombée nez à nez sans pouvoir me débattre avec le film de Marie Maurice, Le monde selon H&M. OK il existe certains bons côtés à être abonné à Canal plus.

Pour information, ce documentaire est très intéressant. Si vous avez la possibilité de le regarder n’hésitez pas un centième de seconde.

  • Canular ou symbole honteux d'une économie mondialisée?

Je suis devenue de plus en plus curieuse et attentive aux étiquettes des vêtements même si je n’oublie pas l’absence de transparence des étiquettes « Made in Hypocrisie« . Avez-vous déjà entendu parler des étiquettes de vêtements Primark qui portent les messages suivants : “Forcés à travailler durant d’épuisantes heures” ainsi que ”Conditions dégradantes main-d’œuvre exploitée”. L’anglais n’étant pas notre fort en France, les messages sont traduits. Contrairement à ses fabricants, Primark se porte bien, mange à sa faim et grossit de jour en jour. Depuis que la marque a intégré les usines où le droit du travail est inexistant, Primark a multiplié ses profits par cinq en dix ans. Le dernier onglet de leur site internet Notre Ethique est à mettre à la poubelle et à ne pas recycler ! Produire plus dans des conditions de travail plus inhumaines, c’est le vrai slogan d’une marque digne de ce nom. Sans parler de l’absence de transparence des étiquettes de compositions lorsque nous nous apercevons en 2010 que 30% du coton certifié bio de H&M était OGM. Touché-coulé !

Mais alors, si les flashions victimes privilégient les vêtements fabriqués en France et en Europe, comme le souhaitait Arnaud Montebourg sur la Une du Parisien, que deviendrons les emplois de ces ouvrières textiles? Quel est leur avenir?

Aujourd’hui, je décide de boycotter ces grandes marques me répétant sans cesse que acheter un vêtement non-éthique c’est comme chuchoter à l’oreille d’un enfant « continue de risquer ta vie pour m’habiller, tu fais du bon travail ! ». Finalement, consommer, c’est approuver la manière dont ce produit a été fabriqué, n’est-ce pas? Même si j’ai abandonné mon Master en Economie, j’ai compris que la moindre petite chose que l’on achète fait instantanément augmenter la demande et relance instantanément le processus de production. Il est dit que nous pouvons faire changer les choses rien qu’en arrêtant de consommer des produits pour lesquels les conditions de fabrication sont insupportables. En 2015, ne serait-il pas temps de s’y mettre? Une vie coûte-t-elle 19,99 euros? Mettre en danger des vies humaines pour économiser quelques centimes et déambuler dans les rues à la pointe de la mode, est-ce un comportement éthique?

  • Se vêtir éco-responsable 

D’ailleurs, qu’est-ce que cela signifie s’habiller éthique? Le coton bio est-il éthique? L’alternative d’acheter des vêtements d’occasion dans une friperie est-ce éthique? Les marques respectueuses et respectables affichent des prix inaccessibles à mon portefeuille simili cuir MANGO. Un pull à 150 euros c’est évident que nous réfléchissons à deux fois avant de se le procurer. Consommer responsable est-ce réserver aux plus riches? Mais ne serait-ce pas éthique de le part des marques dites éthiques d’afficher des prix raisonnables et abordables?

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1 Comment

  • Julie
    17 février 2016 at 8:07   - Reply

    Ton article me parle beaucoup. J’ai également vu « Le Monde selon H&M » qui amène à remettre beaucoup de choses en question. Au delà des vêtements c’est toute la société de consommation actuelle qu’il faudrait changer. La mondialisation et le besoin d’acheter toujours moins cher est en entrain de détruire le monde que nous avons construit depuis des décennies. Ce qui est dommage c’est que vivre écoresponsable coûte souvent plus cher. Mais il faut de creuser chacune des alternatives qui s’offrent à nous 🙂

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