Etre dans ses petits souliers

Après avoir mesuré les enjeux de la consommation abusive, je passe la seconde : divorcer avec les pièces devenues invisibles à mes yeux. Elles sont là, bel et bien là, mais pour des raisons d’effets de mode, de températures de lavage inadaptées et d’excès, il m’est devenu de plus en plus difficile de distinguer le nécessaire du superflu.

Entre temps, une paire de bottines, un pull noir basique, des chaussettes et un pyjama ont trouvé refuge chez moi.. Evidemment, aucun d’entre eux n’était vital à ma survie mais ces achats sont le résultat d’un besoin (réel ou artificiel). Je n’avais rien acquis depuis le mois de Septembre mais je me suis rattrapée en Décembre. L’instant de quelques heures, j’ai été éprise d’une frénésie à l’achat lorsque l’hiver, aussitôt venu aussitôt parti, transforma le bout de mon nez en rouge groseille. Par chance, l’overdose de chocolat passée m’a contraint et forcé à retourner les autres vêtements achetés.

1-0 pour le calendrier de l’avent ! Je capitule face au shopping, mais pas face à la fève de cacao.

Mon armoire se dresse sur 1,75 mètres de longueur et 1,02 mètres de largeur. Le moindre centimètre est optimisé et colonisé par une variété de matières synthétiques nuisibles à la qualité de l’air, à ma créativité et mon humeur. Nous sommes tous victimes (et responsables) du fameux « j’ai rien à me mettre ! »

« Trier pour mieux savoir ce qu’on possède permet d’y voir clair dans ses besoins. » Kit Yarrow, psychologue de la consommation. Alors le moindre doute a été un élément déclencheur pour choisir, classer, cribler, écrémer, séparer.

Si je n’ai pas porté le vêtement depuis plus d’un an (toutes saisons confondues)… à donner !

Si je me suis forcée à porter le vêtement par culpabilité… à donner !

Si je n’ai pas assez de talent pour raccommoder ce trou… à donner !

Si je ne me vois absolument pas porter le vêtement dans les jours, semaines et mois à venir… à donner !

Je dois avouer que je me suis dégonflée face à des vêtements ayant une valeur sentimentale ou bien pire pouvant servir à une soirée déguisée.

Une combinaison short, un foulard, deux jeans, trois jupes, un maillot deux pièces, huit paires de collant dont deux en laine, un pantalon, cinq pulls dont quatre sweats, sept robes, trois shorts, quatre sous-pulls, trois sous-vêtements, trois paires de chaussures et quatorze tee-shirts. Vous vous en doutez ce n’est qu’un quart de mon dressing mais ça fait déjà du bien ! C’est impressionnant toutes les espèces de vêtements qui peuvent exister aujourd’hui, des espèces loin d’être en voie de disparition. Et nous possédons tellement que nous oublions ce que nous avons, alors nous rachetons. L’avoir est devenu plus important que l’être !

Lorsque je jette un coup d’œil furtif aux futurs dons, je fais une nouvelle fois de plus le constat de l’omniprésence des grandes marques. Je croise à nouveau H&M, ZARA et MANGO. Les grandes marques ont tissées des liens très intimes et privilégiés avec nos étagères, elles sont devenues le monopole de notre addiction à la consommation.

Voici venu le temps de découvrir ensemble la fibre du tri, application disponible sur Apple Store et Google Play, qui recense les éco-organismes (conteneurs et associations) en France et promeut de manière très ludique le tri, le recyclage et la valorisation de nos TLC (Textiles Linges Chaussures). Assistons, discrètement, aux messes-basses de nos dressings afin de modifier la distribution : adoptons le rôle d’acteur plutôt que celui de spectateur. Et évitons les erreurs de casting !

ACTION !

COUPEZ !

A retenir :

  • Trouées, tâchées (pas de produits nocifs), démodées, propres, sèches, femmes et hommes donneront un coup de jeune à nos pièces abandonnées.
  • Attachons nos paires de chaussure avec les lacets ou des élastiques pour qu’elles ne partent pas directement en enfouissement ou en incinération.
  • Pour des risques de moisissure, ne donnons pas des pièces mouillées.
  • Privilégions des sacs de petites tailles et assurez vous qu’ils soient bien fermés.

Grâce à la fibre du tri et les opérateurs de tri conventionnés, je sais que nombreuses de mes pièces en bon état (la grande majorité) seront données aux plus démunies ou bien revendues en friperies en France ou à l’étranger à petit prix. Quant aux articles non réutilisables, ils seront recyclés pour créer de nouveaux produits tels que du rembourrage de coussins, de l’isolant, des chiffons, des terrains de basket, de nouveaux vêtements ou bien encore de la neige artificielle des sapins. C’est ce qu’on appelle l’économie circulaire. A nous de la faire tourner, un ou plusieurs points d’apport existe près de chez vous.

De manière générale, 65 % sont revendues et 35 % sont transformées. C’est encourageant, n’est ce pas? Alors, à vos marques, trions !

NB : n’oublions pas de mettre de côté certains tee-shirts ou pantalons pour les transformer en sac en tissus ou en short…

Prêts à dégainer paire de ciseaux, fils et aiguilles pour la prochaine étape?

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1 Comment

  • Julie
    17 février 2016 at 7:58   - Reply

    Ton article m’a convaincu !! J’ai passé un weekend à faire le tri dans mes vêtements et mis de côté ce que je voulais donner ou jeter dans la benne à vêtements qui se trouvait à côté de chez moi. J’avoue que se débarrasser de toutes ces pièces usées, vieilles et que je ne mettais jamais a non seulement libéré de la place mais m’a procuré un réel sentiment de légèreté. Et puis je sais que ces vêtements seront recyclés pour d’autres usages. Une façon de mêler l’utile à l’agréable 😉

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