Lever l’ancre

La période des fêtes est lancée à toute allure.

Deux pulls, deux pantalons et une tenue de sport plus tard… Nous pénétrions au cœur du Jura pour cinq jours. Le Jura, la Laponie Made in France. Ni réseau, ni wifi mais des livres, des jeux de carte, des mandalas et un appareil photo. Les futilités du quotidien ne feront pas parti du voyage. Une tenue sobre et raffinée pour le repas du réveillon? J’y ai inévitablement pensé mais ce sera pyjama party pour cette année ! Quelques jours et nuits avant les bonnes vieilles résolutions du nouvel an, prendre uniquement le nécessaire pour m’intégrer à un environnement minimaliste m’a semblé être un défi à relever.

Nous avons du troquer les hypermarchés, centres commerciaux, traiteurs, pâtisseries et autres pour une simple épicerie ouverte le matin à 10 kilomètres de routes sinueuses. Étonnement, ne pas avoir tout à proximité et dans l’immédiat fut très appréciable. Cela exige de l’organisation et nous rappelle que chacun est maître de ses propres caprices. J’avais une envie folle de chocolat dès le premier soir. C’est amusant, je me surprends en train de réfléchir à « comment fait-on pour vivre dans ces conditions? » ou encore je m’entends penser « ça doit vraiment pas être facile tous les jours. » Aujourd’hui, je suis intimement convaincue que les individus, vivant dans des endroits reculés, ayant un mode de vie plus autonome, sont favorisés en terme de bien-être personnel.

Décélérer, ralentir et simplifier sa vie, vivre lentement.

Avoir les montagnes Jurassiennes et quelques jolies plaques de verglas pour seules compagnies permet de prendre du recul sur l’art de vivre. Casser le rythme, s’adapter, faire le vide et se ressourcer. Au détour d’une foulée matinale, tous mes sens sont en éveil : l’odeur du feu de bois crachée par les cheminées, le silence, les forêts de mélèzes à perte de vue, les bouffées d’air frais et sec me font prendre conscience plus que jamais de ma respiration... Faire corps avec la nature. Etre à l’écoute de ses émotions et les accepter pour se sentir vivant.

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Pour la petite anecdote, nous avons eu droit à l’éclairage à la bougie le soir du 25 Décembre. Au petit bonheur ! Une coupure d’électricité s’est invitée pour la fin du repas et nous a elle même invité à se rapprocher de l’essentiel jusqu’au lendemain après-midi. Nos habitudes citadines ont sur-sollicité les appareils électriques en tout genre. Sans chauffage et sans électricité, éloignés de toutes commodités, la petitesse de l’homme me sauta au visage.

Réfléchir pour ne pas s’ennuyer. Rats des ville ou rats des champs?

Je suis née citadine, j’ai toujours vibré en ville et je souhaite construire ma vie entre des buildings. Ne serais-je pas en train d’embrasser le changement? Paris et Londres me faisait rêver. Dois-je voir l’utilisation de l’imparfait comme un signe? Le but n’est pas de se glisser dans une case ou dans une autre. Il suffit d’attraper une poignée de secondes pour cogiter sur l’organisation d’une ville petite, moyenne ou grande : tout est orchestré pour offrir à un individu le rôle parfait du consommateur sans aucune fausses notes. Nous ne savons répondre à nos besoins qu’en distribuant des accords monétaires. J’y mets un bémol : nous croyons être libre mais le merchandising et les méthodes marketing tirent nos propres ficelles.

Il est évident qu’une fois de retour, le train-train quotidien file frôlant les records de vitesse. Je ne peux y échapper. Il est difficile en ville de lever le pied de l’accélérateur.

Ce court séjour n’a fait que confirmer l’intérêt de s’ouvrir, de partager et d’accueillir les alternatives pour le changement. Je veux en apprendre d’avantage. Comme mes grands-parents, je veux savoir quoi faire avec le pain devenu rassi ou encore comment rafistoler le gigantesque trou de mon pantalon. Je veux retrouver des savoirs-faire et des savoirs-être déclarés, injustement, vieillot ou inadaptés au mode de vie d’aujourd’hui.

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1 Comment

  • Julie
    17 février 2016 at 7:50   - Reply

    Un article qui inspire l’évasion et donne envie de se ressourcer avec des choses simples. Merci pour ce partage. Une vraie éloge de la lenteur qui pousse à couper de son rythme quotidien et se recentrer sur soi.

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